25 avril 2008
La Révolution des Oeillets...A Revolução de Abril...
« La liberté est parfois notre propre prison »
La liberté ne s`achète pas...là est l`erreur commise par beaucoup...la liberté se manifèste de plusieurs façons et se voile d`hipocrisie libérale. Aux jours d`aujourd`hui, connaissons-nous vraiment la liberté? Nous donne-t-elle la main dans les moments où l`expression est notre meilleure arme, notre plus grand atout?
Dans mon pays, on revit aujourd`hui, un peu partout, la Révolution des Oeillets, à une époque où cette même liberté et tout le sens que ce mot entraine sont remis en cause...sommes-nous, effectivement, libres ou la liberté n`est qu`illusoire?
Beaucoup de questions restent sans réponses....l`important est que le droit de tout être humain à la liberté soit respecté et mis en valeur. Dans mon école, au Portugal, des élèves et professeurs ont mis en pratique une exposition sur la Révolution des Oeillets, survenue le 25 avril 1974...parce que je la vois comme faite avec le coeur, là où le sentiment et l`émotion sont en communion avec la pensée, le geste et la mémoire, je vous livre quelques petites parties de leur travail...et, en même temps, un peu de l`histoire de cette époque qui laissa ses marques chez un peuple par habitude nostalgique et pessimiste...la poursuite du « fado», direz-vous...
Pour ceux qui ne connaissent pas l`histoire de cette date si importante à notre pays, je vous laisse un article publié par Gwen il y a un an:
« Le 25 avril 1974 est une date qui a une place importante dans le coeur des portugais, une date qui à sa seule évocation vous donne des frissons. Imaginez-vous subir depuis plus de 60 ans de dictature de Salazar, les colonies se révoltant depuis plus de 15ans, le climat est pesant, laissant place au désespoir tandis que le monde autour bouge sans s'en soucier le moins du monde !... Certains s'éxilent de leur pays laissant un grand vide dans leur coeur... Puis vient 1968, Salazar quitte le pouvoir pour cause de santé lançant place à Caetano, 1970 Salazar vient à mourir... 1973... un mystérieux mouvement se crée... 1974, la vieille garde oblige Caetano à limogier le général Spinola...quelques officiers de l'armée forment en secret le MFA (Mouvement des forces armées) mené par Otelo Saraiva de Carvalho... Puis... Le 25 avril 1974 à 0h25, une chanson retentit par le biais de la radio nationale... Grândola, vila morena... c'est une chanson interdite...Terra da fraternidade... il s'agit de "Grândola, vila morena"... O povo é quem mais ordena... de José Afonso... Dentro de ti, ó cidade... Elle est le signale... Dentro de ti, ó cidade...O povo é quem mais ordena... Le signal et surtout l'espoir qui revit...Terra da fraternidade... Grândola, vila morena... Une poignée d'officiers membres de la MFA s'emparent alors des points stratégiques du pouvoir... Em cada esquina um amigo... Em cada rosto igualdade... Le coeur des portugais bat à cent à l'heure... Grândola, vila morena... Terra da fraternidade... et malgré les appels répétés de la MFA à la radio les incitant à rester chez eux, les portugais sortent tous se mêler aux militaires... Terra da fraternidade... Grândola, vila morena... Les voilà tous chantant non pas en coeur mais aussi de tout leur coeur... Em cada rosto igualdade... O povo é quem mais ordena... C'est la saison des oeillets, et les insurgés se retrouvant sur la place du marché aux fleurs de Lisbonne en glisse dans le canon de leur fusil... À sombra duma azinheira... Que já não sabia a idade... Ce geste restera à jamais le symbole d'une grande révolution sans aucune effusion de sang... Jurei ter por companheira... Grândola a tua vontade... Caetano trouve refuge à la caserne principale de la gendarmerie qui est vite encerclée par le MFA, il fini par remettre le pouvoir au général Spínola, puis il s'éxile au Brésil.
N'oublions pas tous les Portugais du monde entier à qui le coeur a vibré au même son et avec la même intensité durant ces heures intenses pour leur Pays retrouvant ainsi l'espoir de retourner enfin voir les êtres, les rues, les senteurs qui leurs sont si chers ! L` histoire personnelle des immigrés qui ont fui à la fois la misère économique et la dictature .
À nos grands- parents et parents, le régime leur a inculqué, à travers l'école , le patriotisme exacerbé pour en faire des vaillants soldats à la solde des intérêts coloniaux . Il y avait aussi la Pide (milice censeure de liberté de penser et d`action) la honte du Portugal en ces années de dictature. N`oublions pas non plus les quatres morts inutiles d`un groupe qui se manifestait en faveur de la Révolution.»
Le Portugal peut enfin revivre et réapprendre à vivre sa liberté !
Voici l`exposition faite par des membres de l`école Abel Varzim - Vila Seca / Barcelos
Une expo réalisé avec le coeur, en communion avec d`autres activités et évènements comme la représentation théâtrale et musicale des chansons qui marquèrent cette journée...artistes et poètes participèrent à cette liberté ....des hommes d`intervention qui s´exprimaient par la musique et la poésie...des mots éternels qui restent présents dans l`intemporalité du temps.
(Cliquez sur les photos pour les agrandir!)
Vue d`une partie de l`expo
Le début de la dictature
Le Nouvel État
L`école à cette époque
Salazar, le dictateur...
La Légion Portugaise, une organisation militaire qui avait pour fonction de protéger l`État de tous les oppositeurs du Régime
La trilogie de l`Éducation Nationale: Dieu, la Patrie, la Famille
Attentifs aux moindres détails: une table scolaire de l`époque
La Révolution...regardez les oeillets...
Beaucoup de ces photos ont été fournies par les propres élèves et professeurs...le témoignage bien vivant de ce jour...
Les journaux sortis juste après l`évènement...
Le pourquoi de l`oeillet
« Un soldat lui ayant demandé une cigarette, une dame lui donna un oeillet, le militaire le mis dans le canon de l`arme...ce fut le baptême des plus pacifiques des révolutions portugaises...»...toutefois, il existe plusieurs versions de l`apparition de ce symbole...
Les lettres des chansons qui accompagnèrent la Révolution
Après le 25 avril...les élections...la pub était faite sur les murs...
Cartes postales illustrant cette propagande
Un peu d`histoire....remarquez bien le travail minutieux des élèves...
Les dessins des petits mais qui ont une grandeur d`âme...
« Marie la Liberté »
Le symbolisme des oeillets....
Un travail collectif fait avec le coeur, le geste et la mémoire...un grand bravo aux professeurs et élèves...
Aux jours d`aujourd`hui, je pense que les portugais sont un peu désillusionnés avec la perspective du changement que le 25 avril promettait...mais plus qu`une conquête ou une utopie, la liberté est un don qui doit être renouvelé chaque jour...
Commentaires
Un trés bel article Manuela, un grand merci à toi.
Comme tu le dis aussi, un grand bravo aux professeurs et aux élèves qui ont effectué ce travail ! Cela n'a pas du être facile de rassembler toutes ces photos, je souhaite beaucoup de succés à cette exposition
Et à toi de gros bisous biensûr
barcelos
Il y a toujours de bonne expo voici le lien vers
http://www.cm-barcelos.pt/
"O cantor Paco Bandeira actua em Barcelos, na próxima sexta-feira à noite, no âmbito das comemorações da Revolução do 25 de Abril."
Belle article Manuela , bonne fête
Elisabeth
Je me demande combien de Français pensent encore à l'époque de Salazar !!
Bonne journée !!
Merci à toi pour ce reportage.
Fantastique, l'exposition.
Bisous.
La liberté se conquiert au prix fort et pour cette raison il ne faut pas oublier.
Bravo à l'initiative de ton école Manuela. Bises.
bravo pour ton article manuela il est bon de rapeller aux nouvelles générations combien la liberté est précieuse et qu'il faut toujours se battre pour la préserver malgré le prix que l'on doit payer chez nous en France nous allons fêter les 40 ans des événements de Mai 68 une époque aussi marquante pour cette liberté !! bisous phil
Très bel article Manuela. On se souvient très bien de cette époque. Cela avait marqué nos esprits et nous rappelle de plus anciens et tristes souvenirs sur la liberté bafouée pendant la dernière guerre.
Pour illustrer ton anniversaire de cet évènement et pour te parler de liberté, on a pensé au poème de Paul Eluard écrit en 1942 et que tu connais bien sûr.
Liberté
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.
- 1942 -
Bisous tendres de Lucie et des cybermamys qui te remercient pour tes fréqeuntes visites et tes encouragements pour Lucie
LATINES
Je suis émue par ce moment d'histoire qui paraît lointain.J'ai eu l'impression d'errer au sein de l'ambiance. Portugal…
Italienne et fille d'émigrés italiens, nos univers se ressemblent.
J'ai vécu l'exil comme une déchirure. Laissant au pied d'une gare des larmes et des regards. Je me souviens encore du son des lamentations.Du goût de l'eau dans le train.Fuir la misère pour un brin de confort.Le pays.
J'y pense...
...à la révolution des oeillets...
J'en parlais à un jeune de 21 ans l'autre jour...
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