"En partenariat avec le Colombier, Vivacte présente :"

Vous êtes invité le dimanche 27 janvier à 17h00 : lecture sur scène autour de Déjà vu de Paulinho Oliveira

(entrée libre)

http://www.lecolombier-langaja.com/programmation/2012-2013/chantiers-dyprocess/

Le Colombier - 20, rue Marie-Anne Colombier - Bagnolet

Métro: Gallieni (5 minutes à pied) - plan d’accès

A l'issue de cette présentation d'une petite heure, un verre vous sera offert à l'accueil/bar du théâtre, invitation à une rencontre informelle avec l'équipe, autour de ce texte, de cet auteur, du Portugal et de la suite de ce projet !

 

Déjà vu

J'ai commencé à me rendre au Portugal l'année de gestation du projet DYProcess, en 2002. Je ne savais de ce pays que ce que le cinéma m'en racontait : ça a commencé comme ça ; c'était de la faute de Manoel de Oliveira, surtout... Et puis, un équilibre fragile s'est créé au fil des ans : s'épuiser en France, se ressourcer là-bas, au cœur des paysages, des villes, auprès des gens. Nous avons eu envie de travailler avec un comédien de Porto, Rui Spranger, mais pour nos spectacles en France... Nous étions surpris par notre ignorance de ce pays si proche géographiquement, si proche historiquement, si lié à nous aussi par tant de gens qui avaient choisi à un moment de venir travailler en France. Et puis il y a eu Pedro Costa, João Pedro Rodrigues, Miguel Gomez... Ne pouvait qu'advenir le désir de travailler là-bas... Et alors, dans le même temps : le désir de contribuer à faire entendre en France des voix qui y accèdent peu, ou pas du tout.

Lors de notre visite au Portugal de 2011, nous étions donc portés pour la première fois par ce double désir. C'est là que Rui Spranger nous a présenté Paulinho Oliveira en juin, à Porto : on a accroché tout de suite, comme on dit. Ça tombait bien : il avait un texte pré-traduit en français, encore inédit au Portugal, qui nous a tout de suite séduits. Paulinho avait décroché des prix un peu partout au Portugal mais il n'était presque joué nul part. Nous allions commencé avec lui, c'était évident.
Tout le monde est d'accord. On comprend vite qu'il faudra démarrer pour pas un rond. Peut-être à chaque fois : on appellerait ça Em Marcha. Ça pourra toujours commencer par des lectures mises en espace.

Là, avec Paulinho, j'ai eu envie de pousser notre pari avec la pauvreté : si on attendait de pouvoir se payer une vraie traduction, on allait perdre cet élan de la rencontre, du commencement, un truc qui nous plaisait aussi. On a décidé qu'on allait faire comme une "translation" ensemble, Paulinho - qui ne parle pas le français - et moi - qui commence à lire  le portugais -, et avec l'aide de Rui, qui est bilingue. A partir du texte bien sûr et de la pré-traduction.
Et surtout : Paulinho me lit son texte, parfois on peut se voir, parfois c'est par téléphone. Je lui demande aussi de s'enregistrer. J'ai aussi envie qu'on parte de son phrasé et de la musicalité de cette langue (quand le français est si plat, sur ce plan). Et c'est par là qu'on cherche, directement par le plateau, le texte français que nous représenterons.
On a décidé qu'on n'allait pas chercher à faire une lecture "totale", qu'on allait choisir à partir de ce qui tenait bon comme ça sur le plateau, qu'on pourrait peut-être même y faire entendre du portugais aussi. Qu'on trouverait mieux ensemble que la pauvreté à laquelle on était  acculé de part et d'autre, et qu'en accroissant l'échange entre nous, on trouverait un point de rencontre juste entre l'écriture de Paulinho et notre travail.

On a pensé qu'on allait juste dire comme c'était né et que ça s'appelle Déjà vu. Et que c'est suffisamment le contraire, par nature, pour faire le pari de la curiosité de spectateurs.

(David Desoras)


Une lecture sur scène conçue par David Desoras
avec Yves Chedemois, David Desoras, Alexandra Fadin, Rui Spranger
texte Paulinho Oliveira
traduction collective : Leontina Santos Ribeiro et Yves Chedemois, David Desoras, Alexandra Fadin, Paulinho Oliveira, Rui Spranger