26 avril 2007
O CASTELO poème de Manuela
Photo de Francisco Ralha sur Olhares
O castelo
Quero estar só no meu castelo
Indiferente à prisão do carcereiro
Que lá vem prisioneiro
Dum encontro belo
Amor, já não há a canção
Levada ao nosso encontro
Apenas a melodia em vão
Do vão em que entro
Ouve, suplico, o meu seio
Exaltado, suspiro medo
De um desespero profundo
De um sentir alheio
E a bela donzela
No seu castelo fadada
A um fado cansado
Desespera à janela
Fecha-se a porta
Nas formas antigas
De uma beleza etérea
Onde não entram as horas
Procuro Baco nas preces
De um vinho doce entranhado
Em mim, que não são esses
meus os pecados falados!
E a bela donzela no seu castelo
À janela, vê o tempo a seu lado,
Encostado, passar apressado
De tudo que já fora belo
Senhor, já morri...
Peço à fada da torre
Que me abrace! Manuela
Photo de Carlos Spereira sur Olhares
Le Château
Je veux être seule dans mon château
Indifférente à la prison du geôlier
Qui revient prisonnier
D`une rencontre belle
Mon amour, il n`y a plus la chanson
Menée à notre encontre
Seule la mélodie vaine
Du vide où je suis
Écoute, je te supplie, mon sein
Exalté, je soupire une peur
D`un désespoir profond
D`un sentir absent
Et la belle donzelle
Dans son château prédestinée
À un destin fatigué
Désespère à la fenêtre
La porte se ferme
Aux formes anciennes
D`une beauté éthérée
Où n`entre pas les heures
Je cherhe Baco dans les prières
D`un vin doux pénétrant,
En moi, ce ne sont pas ceux-là
Mes pêchés parlés!
Et la belle donzelle dans son château
À la fenêtre, voit à ses côtés le temps,
Adossé, passer pressé
De tout ce qui a déjà été beau
Seigneur, Je suis morte....
Je demande à la fée de la tour
Qu`elle m`enlace!
Photo de Jovino C Batista sur Olhares
26 mars 2007
EUNICE MARTINS

Née au Portugal dans la région du Ribatejo, à Santarem, Eunice Martins qui vit à présent depuis plus de quinze ans en France, a obtenu sa maîtrise de lettres modernes ainsi qu'un DEA de littérature portugaise, avant de de se lancer dans l'écriture tout d'abord un roman : "Le Rebelle" qui témoignage du harcèlement moral et du manque de sécurité sur les chantiers pour les ouvriers du bâtiment, puis elle écrit deux recueils de poésie ("Vie et Poésie" et "Emotions"), et publie dans divers cahiers de poésie et magazines portugais.
Vous pourrez découvrir Eunice Martins grâce à son site :
http://eunicemartins.wifeo.com
Vous pourrez lire un extrait de son roman "Le Rebelle" dans la partie "Romans", et dans la catégorie "Poésies", vous y découvrirez des extraits et titres de 2 recueils de poésie publiés. Une page est également consacrée aux Bikers (motards) avec quelques poèmes, car Eunice prépare actuellement un recueil de poèsie. Enfin, un coin "Presse", qui vous permettra de prendre connaissance des articles déjà parus sur ses livres, la page "Salon" afin de connaître les différents lieux où Eunice Martins se déplace pour présenter ses livres. Ensuite, "Lendas da Nossa Terra" est recueil de légendes dont vous pourrez lire un extrait dans la page "Légendes"du site. Eunice Martins est également Présidente d'une association à Villeneuve le Roi (94 Val de Marne), crée en Juin 2005, qui a pour but l'échange interculturel entre la France et le Portugal. Elle organise des concours littéraires, des expositions, des forums, des cours... http://languesetloisirs.wifeo.com
18 mars 2007
EL VIENTO EN LA ISLA
photo de Fernando SOARES sur 1000images
Poème de Pablo NERUDA issu du livre "Los Versos del captan" dans la collection"Les beaux livres littéraires" suivi par la traduit par Claude Couffon.
EL VIENTO EN LA ISLA
El viento es un caballo :
òyelo còmo corre
por el mar, por el cielo.
*
Quiere llevarme : escucha
còmo recorre el mundo
para llevarme lejos.
*
Escòndeme en tus brazos
por esta noche sola,
mientras la lluvia rompe
contra el mar y la tierra
su boca innumerable.
*
Escucha còmo el viento
me llama galopando
para llevarme lejos.
*
Con tu frente en mi frente,
con tu boca en mi boca,
atados nuestros cuerpos
al amor que nos quema,
deja que el viento pase
sin que pueda llevarme.
*
Deja que el viento corra
coronado de espuma,
que me llame y me busque
galopando en la sombra,
mientras yo, sumergido
bajo tus grandes ojos,
por esta noche sola
descansaré, amor mìo.

LE VENT DANS L'ÎLE
Le vent est un cheval :
écoute comme il court
à travers mer et ciel.
*
Pour m'emmener : "écoute
comme il parcourt le monde
pour m'emmener au loin.
*
Cache-moi dans tes bras,
cette nuit solitaire,
tandis que la pluie blesse
à la mer, à la terre,
innombrable, sa bouche.
*
Entends comme le vent
m'appelle en galopant
pour m'emmener au loin.
*
Ton front contre mon front,
ta bouche sur ma bouche,
nos deux corps amarrés
à l'amour qui nous brûle,
laisse le vent passer,
qu'il ne m'emporte pas.
*
Laisse courir le vent
d'écume couronné,
qu'il m'appelle et me cherche
en galopant dans l'ombre,
tandis que moi, plongé
au fond de tes grands yeux,
cette nuit solitaire,
amour, reposerai.
Illustré par une photo de Fernando Soares sur le site 1000images !

26 janvier 2007
JOSE SARAMAGO
(Photo du site Bibliomonde)
Difficile de parler du Portugal sans en parler d'une de ses figures emblématiques !
José Saramago est une grande personnalité de la littérature portugaise. Né en 1922 d'une famille trés modeste du Ribatejo à Azinhaga, à deux ans il part vivre à Lisbonne avec son père policier.
Plus tard, faute de moyen il dût arrêter les études pour travailler comme serruriers, mais poursuit en autodidacte différents métiers tels que correcteur, dessinateur industriel ou chargé de la fabrication chez un éditeur. Il travaille ensuite dans pour les journaux.
Ses débuts dans l'écrititure sont fastidieux. son premier roman "Terra do pecado" sera publié en 1947 tandis que son deuxième roman sera refusé partout et son recueil de Poèmes "Os Poemas possiveis" ne paraîtra qu'en 1966.
José Saramago prend part à la politique et devient membre du parti communiste en 1969. En 1974 il prend également part à la révolution des oeillets. Aprés la défaite de son parti en 1975, il est licencié et devient traducteur jusqu'en 1980, ce qui lui permettra toutefois de se lancer corps et âme dans sa passion : la littérature.
En 1976 paraîtra son roman "Levantado do Châo" puis c'est son roman "Le Dieu Manchot" qui le fera connaître du monde.
1992 : José Saramago s'exilera aux îles Canaries avec sa femme, accusé par le gouvernement de porter atteinte au patrimoine religieux avec son roman "l'Evangile selon Jesus-Christ" qui sera censuré.
Il reste engagé dans politiquement autant dans la politique du Portugal que dans celle européenne. Il devient membre de la délégation du Parlement des écrivains.
En 1998 José Saramago a reçu le Prix Nobel de littérature qu'il ne manqua pas de dédié à son pays le Portugal !

02 mai 2006
Eugénio De Andrade

Comme du pollen ou la graine minuscule
et ailée de cette herbacée,
si commune au bord des chemins,
que l'on nomme pissenlit,
qu'un soupir ou le passage
d'un insecte libère,
emporte avec lui; comme elle
aussi légère as-tu été dans la brise,
ô subtile émanation de la terre:
va, va et ne reviens pas
avant que l'air ne soit lisse,
lisse comme la paume
de la main, confondue
avec les paillettes
d'or d'un regard.
Eugenio de Andrade
19 avril 2006
Sophia de Mello Breyner
Ici sur cette plage où
Il n'y a aucun vestige d'impureté
Où il y a seulement
Des vagues tombant sans interruption
Pur espace et unité lucide
Ici le temps passionnément
Rencontre sa propre liberté
Sophia de Mello Breyner
15 mars 2006
NATALIA CORREIA

Il y a des nuits faites de mes bras
et un silence commun aux violettes et il y a sept lunes qui sont sept traits
de sept nuits jamais réalisées. Il y a des nuits que nous portons à la taille comme une ceinture de grands papillons Et une trace de sang sur votre chair sombre faite par une épée au fourreau d'une comète
Il y a des nuits qui nous laissent en arrière enroulées dans notre désenchantement et des cygnes blancs qui ne ressemblent qu'à l'onde la plus lointaine de leur chant
Il y a des nuits qui nous emporta là où le fantôme de nous mêmes est le plus près: et c'est toujours votre voix qui nous répond et seul notre nom était le bon
Há noites que são feitas dos meus braços E um silencio comun ás violetas E há sete luas que são sete tracos De sete noites que nunca foram feitas
Há noites que levamos á cintura Como un sinto de grande borboletas. E um risco a sangue na nossa carne escura Duma espada à bainha de um cometa.
Há noites que nos deixam para trás Enrolados no nosso desencanto E cisnes brancos que so são iguais A mais longinqua onda do seu canto
Há noites que nos levam para onde O fantasma de nos fica mais perto ; E é sempre a nossa voz que nos responde E só o nosso nome estava certo.
10 mars 2006
AFONSO DUARTE

Desterro dos desterrados,
Meu coração é estepa delicada:
E meu cabelo neva
Sem Pátria, minha amada
Minha amada.
Vou como ovelha tresmalhada
Que viu lobo,
Homem do povo, homem do povo
Que chora em sua Pátria amada.
Sem nada, sem nada.
Sinto-me velho já do meu cansaço;
Sou como o pobre que trabalha a terra
Com o seu braço.
Meu coração é estepa delicada
E a minha alma é louca:
Ah! o heroísmo de cavar a terra
Sem o pão nosso cada dia para a boca!
Afonso Duarte
22 février 2006
FERNANDO PESSOA
J'ai duré des heures ignorées,
des moments successifs sans lien entre eux,
au cours de la promenade que j'ai faite une nuit,
au bord de la mer, sur un rivage solitaire.
Toutes les pensées qui ont fait vivre des hommes,
toutes les emotions que les hommes ont cessé de vivre,
sont passées par mon esprit, tel un résumé obscur de l'histoire,
au cours de cette méditation cheminant au bord de la mer.
J'ai souffert en moi-meme, avec moi-meme,
les aspirations de toutes les époques révolues,
et ce sont les angoisses de tous les temps qui ont,
avec moi, longé le bord sonore de l'océan.
Ce que les hommes ont voulu sans le réaliser,
ce qu'ils ont tué en le réalisant,
ce que les ames ont été et que nul n'a jamais dit
c'est de tout cela que c'est formé la conscience sensible avec laquelle
j'ai marché, cette nuit là au bord de la mer.
Et ce qui a surpris chaqu'un des amants chez l'autre amant,
ce que la femme a toujours caché à ce mari auquel elle appartient,
ce que la mère pense de l'enfant qu'elle n'a jamais eu,
ce qui n'a eu de forme que dans un sourire ou une occasion,
à peine esquissée, un moment qui ne fut pas ce moment-ci,
une émotion qui a manqué en cet instant-là
tout cela, durant ma promenade au bord de la mer,
a marché à mes cotés et s'en est revenu avec moi,
et les vagues torsadaient d'un mouvement grandiose
l'accompagnement grace auquel je dormais tout cela.
(...)
Fernando Pessoa
du livre de L'intranquillité
21 février 2006
MAR PORTUGUES DE FERNANDO PESSOA
O mar salgado, quanto do teu sal
Sao lagrimas de Portugal !
Por te cruzarmos, quantas maes choraram !
Quantos filhos em vao rezaram !
Quantas noivas ficaram por casar,
Para que fosses nosso, o mar !
Valeu a pena ? Tudo vale a pena
Se a alma nao é pequena
Quem quer passar além do Bojador
Tem que passar além da dor.
Deus ao mar o perigo e o abismo deu
Mas nele é que espelhou o céu.
MER PORTUGAISE
O mer salée, combien de ton sel
Est fait des larmes du Portugal !
Parce que nous t'avons franchie,
que de mères ont pleuré !
Que d'enfants ont en vain prié !
Que de fiancées ne se sont pas mariées,
Pour que tu sois nôtre, ô mer !
Cela en valait-il la peine ? Tout vaut la peine
Si l'âme n'est pas mesquine.
Qui veut dépasser le Cap Bojador
Doit dépasser la douleur.
Dieu a donné à la mer l'abîme et le péril
Mais c'est sur elle qu'Il a reflété le ciel.
























